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14 min de lecture·Dernière mise à jour: 2026-04-07·PME · Fiduciaires · CFOs

Obligations comptables pour PME en Suisse

Tout ce qu'une entreprise suisse doit savoir sur la tenue de sa comptabilité : bases légales, documents obligatoires, principes comptables, conservation et sanctions.

Comptabilité en Suisse : ce que dit la loi

En Suisse, les obligations comptables sont principalement régies par le Code des obligations (CO), aux articles 957–963. Toute entreprise inscrite au registre du commerce est tenue de tenir une comptabilité régulière reflétant fidèlement la situation patrimoniale, financière et les résultats de l'activité.

Les normes suisses n'imposent pas un standard comptable unique comme les IFRS, mais établissent des principes généraux de tenue des comptes applicables à toutes les formes juridiques : entreprises individuelles, Sàrl, SA, sociétés en nom collectif et associations exerçant une activité économique.

Pour les PME ne dépassant pas certains seuils de taille, la loi prévoit une comptabilité simplifiée. Les entreprises plus grandes doivent en revanche établir un bilan, un compte de résultat et une annexe, dans le respect des principes de régularité comptable.

Qui est tenu de tenir une comptabilité

L'obligation comptable dépend de la forme juridique et du chiffre d'affaires de l'entreprise. Voici les catégories assujetties :

1

Sociétés de capitaux (SA et Sàrl)

Toutes les SA et les Sàrl sont toujours soumises à l'obligation de tenir une comptabilité complète, quelle que soit leur taille. Elles doivent établir un bilan, un compte de résultat et une annexe.

2

Entreprises individuelles et sociétés de personnes avec CA > CHF 500'000

Les entreprises individuelles et les sociétés en nom collectif/commandite avec un chiffre d'affaires annuel supérieur à CHF 500'000 doivent tenir une comptabilité complète selon les art. 957a–958f CO.

3

Entreprises individuelles avec CA ≤ CHF 500'000

Elles peuvent se limiter à une comptabilité simplifiée : un livre des recettes et des dépenses avec le détail de la fortune suffit (art. 957 al. 2 CO).

4

Associations et fondations

Les associations et fondations inscrites au registre du commerce ou exerçant une activité économique sont soumises à l'obligation comptable complète. Les autres peuvent se limiter à un compte de recettes et de dépenses.

5

Entreprises soumises au contrôle ordinaire

Les entreprises dépassant deux des trois critères (total du bilan CHF 20 millions, chiffre d'affaires CHF 40 millions, 250 employés ETP) sont soumises au contrôle ordinaire et doivent appliquer des normes comptables plus rigoureuses.

Même les entreprises non soumises à la comptabilité complète doivent conserver les documents fiscalement pertinents (factures, reçus, contrats) pour satisfaire à leurs obligations envers l'AFC et les autorités cantonales.

Documents comptables obligatoires

Les entreprises soumises à la comptabilité complète doivent établir les documents suivants :

Bilan (Bilanz / Bilan)

Représente la situation patrimoniale de l'entreprise à une date donnée (en principe le 31 décembre). Comprend les actifs (circulants et immobilisés), les passifs (dettes à court et long terme) et les fonds propres.

Compte de résultat (Erfolgsrechnung / Compte de résultat)

Présente les produits et les charges de l'exercice, déterminant le bénéfice ou la perte nette. Il peut être présenté selon la méthode par nature ou par fonction.

Annexe (Anhang / Annexe)

Contient des informations complémentaires obligatoires : principes comptables appliqués, détail des postes significatifs, engagements hors bilan, événements postérieurs à la clôture et informations sur les transactions avec des parties liées.

Tableau des flux de trésorerie (facultatif pour les PME)

Obligatoire uniquement pour les entreprises soumises au contrôle ordinaire. Présente les variations de trésorerie réparties entre activités opérationnelles, d'investissement et de financement.

Principes comptables suisses

Le CO établit six principes fondamentaux que toute comptabilité doit respecter (art. 957a et 958c) :

Intégralité

Toutes les opérations économiques doivent être enregistrées. Aucune transaction ne peut être omise, quel qu'en soit le montant.

Clarté et compréhensibilité

La comptabilité doit être structurée de sorte qu'un tiers expert puisse la comprendre dans un délai raisonnable. Les postes doivent être désignés de manière univoque.

Prudence (Vorsichtsprinzip)

Les risques et les pertes prévisibles doivent être comptabilisés dès qu'ils sont connus. Les bénéfices, en revanche, ne doivent être enregistrés que lorsqu'ils sont effectivement réalisés.

Rattachement à l'exercice (Periodenabgrenzung)

Les produits et les charges doivent être attribués à l'exercice au cours duquel ils sont nés, indépendamment du moment de l'encaissement ou du paiement.

Permanence des méthodes (Stetigkeit)

Les critères d'évaluation et de présentation doivent rester constants d'un exercice à l'autre. Tout changement doit être documenté et justifié dans l'annexe.

Continuité de l'exploitation (Going Concern)

La comptabilité présuppose que l'entreprise poursuivra son activité dans un avenir prévisible. Dans le cas contraire, les actifs doivent être évalués à leur valeur de liquidation.

Conservation des documents comptables

La loi suisse (art. 958f CO) impose des obligations précises en matière de conservation des documents comptables. Le non-respect peut avoir des conséquences juridiques et fiscales.

Type de documentDuréeNotes
Bilan, compte de résultat, annexe10 ansDoivent être signés par le responsable. L'original doit être conservé sur support papier ou électronique non modifiable.
Livres comptables et écritures10 ansComprend le journal, le grand livre, les registres TVA et toutes les pièces justificatives.
Factures émises et reçues10 ansTant en format papier que numérique. Pour la TVA, la conservation court à partir de la fin de la période fiscale.
Correspondance commerciale10 ansLettres, courriels et contrats pertinents pour la comptabilité.

Depuis 2024, l'Olico (Ordonnance sur la tenue et la conservation des livres de comptes) autorise expressément l'archivage numérique, à condition que le format garantisse l'intégrité, la lisibilité et la disponibilité pendant toute la durée de conservation. Un logiciel comme AccountEX avec scellement par hash satisfait à ces exigences.

Comptabilité simplifiée : qui peut l'utiliser

Les entreprises individuelles et les sociétés de personnes avec un chiffre d'affaires annuel n'excédant pas CHF 500'000 peuvent adopter une comptabilité simplifiée (art. 957 al. 2 CO). Voici ce qu'elle prévoit :

  • Un livre des recettes et des dépenses (livre de caisse) avec le détail de la fortune en début et fin d'année suffit
  • Il n'est pas obligatoire d'établir un bilan formel ni un compte de résultat structuré
  • L'obligation de conserver toutes les pièces justificatives (factures, reçus, relevés bancaires) pendant 10 ans demeure
  • Pour la TVA, même les entreprises en comptabilité simplifiée doivent documenter chaque opération avec le détail du taux appliqué

Attention : même en comptabilité simplifiée, les autorités fiscales peuvent exiger une documentation détaillée en cas de contrôle. Une tenue de comptes ordonnée et complète est toujours recommandée.

Exemples pratiques pour PME

Voici quelques scénarios courants illustrant comment appliquer les obligations comptables dans la pratique quotidienne d'une PME suisse :

1

Sàrl nouvellement constituée

Une Sàrl au capital de CHF 20'000 doit tenir une comptabilité complète dès le premier jour d'activité. Même si elle ne génère aucun chiffre d'affaires les premiers mois, elle doit enregistrer toutes les opérations (ouverture de compte, frais de constitution, capital libéré) et clôturer le premier exercice avec un bilan et un compte de résultat.

2

Entreprise individuelle avec CA de CHF 380'000

Étant en dessous du seuil de CHF 500'000, elle peut adopter la comptabilité simplifiée. Un livre des recettes et dépenses suffit, mais toutes les factures et reçus doivent être conservés 10 ans. Si elle est assujettie à la TVA (seuil CHF 100'000), elle doit tout de même documenter chaque opération TVA.

3

SA avec 15 employés et CHF 3 millions de CA

Doit tenir une comptabilité complète avec bilan, compte de résultat et annexe. Ne dépasse pas les seuils du contrôle ordinaire, donc est soumise au contrôle restreint (ou peut y renoncer avec l'accord de tous les actionnaires, si elle a moins de 10 ETP).

4

Passage de la comptabilité simplifiée à la comptabilité complète

Une entreprise individuelle dépassant CHF 500'000 de CA doit passer à la comptabilité complète dès l'exercice suivant. Il est recommandé de préparer un bilan d'ouverture et d'adopter un plan comptable structuré (p. ex. le plan comptable PME suisse intégré dans AccountEX).

Conseils pratiques pour la comptabilité PME

  • Adoptez un plan comptable standard suisse (plan PME ou Käfer) dès le départ — il facilite les comparaisons sectorielles et une éventuelle révision
  • Enregistrez les opérations comptables dans les jours suivant le fait économique — la saisie rapide réduit les erreurs et simplifie la clôture
  • Séparez rigoureusement les dépenses personnelles et professionnelles, surtout pour les entreprises individuelles — c'est l'un des contrôles les plus fréquents de l'AFC
  • Automatisez la saisie des factures avec un logiciel OCR comme AccountEX — il réduit de 90% le temps de saisie manuelle
  • Clôturez les comptes provisoires chaque trimestre, pas uniquement en fin d'année — vous aurez une vision constante de votre situation financière et serez prêt pour le décompte TVA
  • Conservez une copie numérique de chaque document papier en format PDF/A avec scellement par hash — cela satisfait aux exigences de l'Olico pour la conservation numérique
  • Si vous gérez plusieurs mandats en tant que fiduciaire, utilisez une plateforme multi-mandats comme AccountEX pour uniformiser les plans comptables et les procédures de clôture sur tous les clients

Sanctions en cas de violation des obligations comptables

Le non-respect des obligations comptables peut avoir des conséquences significatives, tant sur le plan administratif que pénal :

Taxation d'office (art. 130 al. 2 LIFD)

Si la comptabilité est absente, incomplète ou non fiable, l'autorité fiscale peut procéder à une taxation d'office basée sur des estimations forfaitaires — généralement défavorables au contribuable.

Refus des déductions

Sans comptabilité régulière et pièces justificatives, l'AFC peut refuser les déductions de l'impôt préalable TVA et les déductions dans le calcul de l'impôt sur le revenu.

Responsabilité des organes de la société

Les administrateurs de SA et les gérants de Sàrl répondent personnellement de la violation de l'obligation comptable. En cas de faillite, l'absence de comptabilité peut entraîner une responsabilité civile (art. 754 CO) et pénale (art. 325 CP — banqueroute simple).

Sanctions pénales

La tenue irrégulière ou frauduleuse des comptes est punissable d'une amende jusqu'à CHF 10'000 (art. 325 CP). En cas de banqueroute frauduleuse (art. 163 CP), les peines peuvent aller jusqu'à 5 ans de prison.

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